Questions - Réponses ! Ingrid Auzies, déléguée académique aux arts et à la culture

Ingrid Auziès, notre invitée, est déléguée académique aux arts et à la culture (DAAC) au sein de l’académie de Grenoble. Elle évoque avec passion le lien fort qui unit l’éducation artistique et culturelle et le pass Culture, vecteurs d’enrichissement et d’épanouissement personnel.

Ingrid Auziès, notre invitée, est déléguée académique aux arts et à la culture (DAAC) au sein de l’académie de Grenoble. Elle évoque avec passion le lien fort qui unit l’éducation artistique et culturelle et le pass Culture, vecteurs d’enrichissement et d’épanouissement personnel. 

Ma mission est de mettre en œuvre dans toute l'académie la politique d'éducation artistique et culturelle de Madame la Rectrice, et de la décliner selon les singularités de notre territoire et de chacun de nos cinq départements. C’est aussi faire en sorte que chaque élève de notre académie puisse bénéficier de projets d'éducation artistique et culturelle, et d'impulser aussi toute l'arrivée de cette part collective du pass Culture pour que nos élèves soient touchés par l'éducation artistique et culturelle

Le pass Culture est composé de deux parties, une partie collective qui est portée par notre ministère de l’Éducation nationale.  Chaque établissement scolaire du second degré, collège et lycée, bénéficie d'une part collective calculée au prorata du nombre d'élèves, ce qui fait à peu près 800 € par classe au bénéfice d'action d’éducation artistique et culturelle pour les élèves. Cela concerne des domaines aussi variés que l'éducation aux médias, la musique, le spectacle vivant, l'architecture, le patrimoine, mémoire et citoyenneté, et les projets de culture scientifique. L’idée est que tout élève puisse avoir une action, à minima, et au mieux plusieurs actions sur un projet annuel.

Tout à fait, il y a également une part individuelle qui est celle-ci portée par le ministère de la Culture et qui ne concerne pas seulement les élèves, mais tous les jeunes à partir de 15 ans  jusqu'à 18 ans. À partir de 15 ans, un jeune peut, avec son téléphone portable, télécharger l'application pass Culture (il a besoin de sa carte d'identité) et il bénéficie à ses 15 ans de 20 €, à ses 16 ans de 30 €, à 17 ans de 30 € à nouveau, ce qui fait 80 € qu’il peut dépenser pour ses 17 ans. À 18 ans il se réinscrit et il a 300 €, tout cela pour acheter des biens culturels, que ce soient des places de cinéma, de théâtre, des livres. L’offre est large et chacun des jeunes peut bénéficier de cet argent pour être autonome culturellement.

L’objectif est d'amener la culture aux enfants et d'amener les enfants à la culture. On a beaucoup de partenaires institutionnels dans l'académie de Grenoble, que ce soient des salles de spectacles, des salles de cinéma, des artistes ou des chercheurs. L'idée est de pouvoir faire en sorte que des équipes pédagogiques, même des équipes éducatives, s'emparent de projets bâtis en co-construction avec des structures pour que les élèves puissent effectivement en bénéficier. Alors l'éducation artistique et culturelle, il faut détailler ce que c'est, ce sont des rencontres avec des œuvres, des rencontres avec des artistes, de la pratique artistique et aussi de la connaissance, c'est-à-dire tout l'apport théorique amené par les professeurs lors des cours.

L’avantage de la part collective est lié au fait que les projets peuvent se faire au fil de l'eau, il n’y a pas besoin de monter un projet pendant très longtemps, il suffit de contacter une structure culturelle et de lui dire ce dont on a envie ou besoin pour nos élèves. Par exemple je peux appeler n'importe quelle structure, médiathèque, et dire voilà, on sait que tel auteur vient, on aimerait justement le rencontrer avec nos élèves, ils lisent cette œuvre… On fait une offre, elle est cliquée directement sur l'application Adage par le professeur et il peut se rendre à cette rencontre littéraire par exemple.

C’est très facile, ils vont sur le pass Culture pro et à partir de là ils remplissent un dossier qui est expertisé avec les deux ministères, celui de la Culture et de l'Éducation nationale, pour savoir si on valide ou pas ces structures ou ces artistes. Il faut savoir qu'il y a quand même des critères précis. Il faut que les artistes soient en création, en diffusion et qu’ils aient aussi connu une expérience déjà auprès des élèves sur de l'éducation artistique et culturelle. Si ces trois critères sont remplis et que le travail est de qualité, ces artistes sont ensuite répertoriés, référencés sur Adage et on peut travailler avec eux, ils peuvent faire des offres pass Culture collectives.

Il y en a plusieurs et ils sont vastes, comme ceux que j'ai énumérés tout à l'heure. Dans l'éducation artistique et culturelle, il y a le spectacle vivant, la musique, la lecture, l'éducation aux médias et à l'information, la culture scientifique, la mémoire et la citoyenneté, patrimoine, architecture, les arts visuels, le champ est très très large. L'idée aussi c'est de pouvoir faire en sorte de croiser les parcours des élèves, que ce soit le parcours citoyen avec le parcours éducation artistique et culturelle, pareil pour le parcours santé et le parcours avenir. On aspire à croiser tous ces parcours dans un seul grand projet qu'on pourrait pourquoi pas financer avec le pass Culture, avec les collectivités territoriales, mais aussi avec l'enveloppe du rectorat pour l'éducation artistique et culturelle. Tous les domaines sont abordés et vraiment, si des professeurs ne font pas de de projet parce qu'ils n'osent pas, qu'ils n'hésitent pas à contacter l'équipe de la DAAC, on est là pour aider chacun d’entre eux à répondre au mieux au besoin des élèves

Merveilleux car facilitateur.

Alors notre académie est particulièrement dynamique, on le voit sur les taux de dépenses de la part collective du pass Culture qui sont à peu près égaux au taux national de dépenses. Je sais que dans les mois qui arrivent, la dépense va dépasser le taux national parce que notre académie, justement, est très très active et le rapprochement avec les partenaires se fait de plus en plus.

Il y a beaucoup d’idées d’action mais une par département c'est un peu discriminatoire pour l'ensemble du département, je ne pourrais dire que ce que je connais, pas forcément tout ce qui existe. Je vais dire des choses un peu parsemées, comme ça, des petites bribes qui me viennent à l’esprit mais ce n'est pas tout à fait la réalité du territoire. En ce moment justement, c'est d'actualité, c'est le festival des arts qui a lieu à Bourg-Saint-Maurice en Savoie. Toute la cité scolaire Saint-Exupéry participe avec le collège d'Aime un peu plus bas aussi, donc il s’agit vraiment de projet de territoire. Si on parle de la Haute-Savoie, je peux penser à des projets d'élèves au lycée professionnel Tom Morel à Annecy qui suivent un atelier théâtre. Je peux penser aussi à toutes les actions qui sont faites sur Grenoble et agglo avec la tour Perret, il y a d'autres choses justement à Grenoble dont il faut parler, ce sont les classes Opéra par exemple, les classes à Horaires aménagés Opéra. Je peux parler aussi de l'Ardèche et de beaux projets musiques qui vont vraiment dessiner tout ce territoire et tout ce département. Si je dois penser à la Drôme je peux parler, par exemple, de mission Opéra avec un magnifique projet en lien avec l'Opéra de Lyon. Nous ne sommes pas allés dans le détail de chacun des départements, ce sont des actions phares auxquelles je pense mais je ne voudrais pas… il y en a d'autres que je n'ai pas citées, mais j'aurai l'occasion d'aller les voir.

Je vais parler d'une action qui est à la fois future et d'actualité. Je suis allée samedi soir (16 décembre) à l'inauguration du cinéma le Grand Rex au Péage-de-Roussillon (Isère) et je crois que l’on aura de beaux partenariats avec ce territoire, avec ce cinéma. Ce n’est pas une action d'un établissement parce que je ne veux pas nommer un établissement au détriment d’un autre, mais d'une structure qui vient d'ouvrir et vraiment on aura de belles choses à partager avec ce cinéma sur un beau territoire.

Une artiste célèbre avec une voix particulière qu’est Fanny Ardant effectivement, qui est marraine de ce cinéma.

Alors c'est compliqué comme question … les musées je trouve qu'il y a trop de choses donc lorsque j'y vais, c'est pour voir juste deux tableaux. Le cinéma, cela dépend de ce qu'on va voir, mais j'aime beaucoup ça,. Après, quand on ressort il y a tout le bruit de la ville, c'est très compliqué aussi. Le théâtre, c'est vraiment un lieu dans lequel j'aime être, et les concerts oui, ça peut être ceux de musique classique ou en particulier ceux de Brigitte Fontaine que j'aime beaucoup.

J’ai un souvenir d'école parmi tant d'autres mais un très marquant avec d’autres souvenirs toujours liés à celui-ci, c'est lorsque j'ai appris à lire. Il se trouve que je me souviens très bien de ce moment. En fait je ne savais pas lire, je savais déchiffrer, je trouvais ça magique de déchiffrer des écritures et pouvoir dire des phrases, voilà, c'est le moment qui m'a le plus marqué. Il y en a d'autres liés à la littérature aussi, le fait de comprendre, interpréter les textes en seconde et puis aller plus haut après à l'université, mais c'est toujours lié à la lecture et toujours de très beaux souvenirs.

Ils peuvent se rendre sur le site du pass Culture et bientôt sur le nouveau site de la DAAC qui apparaîtra en janvier, mais surtout qu'ils utilisent les mails pour écrire à l'équipe de la DAAC. Elle renseignera avec grand plaisir tout le monde pour que nos élèves puissent profiter de beaux projets.

 

Mise à jour : février 2024