Les finales académiques des OSI ont livré leur verdict !

Vingt équipes d’élèves de STI2D et de SI étaient présentes sur le site de Minatec Grenoble à l’occasion des finales académiques des Olympiades de sciences de l’ingénieur (OSI). L’opportunité d’un joli coup de projecteur sur ces séries technologiques aux promesses d’un avenir radieux.

Vingt équipes d’élèves de STI2D (Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable) et de SI (Sciences de l’ingénieur) étaient présentes ce jeudi 27 avril sur le site de Minatec Grenoble à l’occasion des finales académiques des Olympiades de sciences de l’ingénieur (OSI). L’opportunité d’un joli coup de projecteur sur ces séries technologiques aux promesses d’un avenir radieux.

« Promouvoir les filières scientifiques et techniques » 

Paul Bernardoni est coordonnateur académique responsable de l’organisation de cette finale. Il nous dévoile les coulisses de ces olympiades, s’attachant d’abord aux objectifs visés : « Il s’agit surtout de promouvoir les filières scientifiques et techniques auprès des jeunes tout en développant leur esprit d’initiative et de créativité, le goût pour la recherche et les compétences de technicien et d'ingénieur.  C’est également une opportunité pour les membres du jury, issus d’univers différents (chercheurs, universitaires, enseignants) de se rencontrer, collaborer et pourquoi pas ouvrir des portes et faire émerger des idées pour des projets futurs. Ces olympiades sont un véritable terrain de rencontre et de mise en lumière des sciences. » 

À quelques centaines de jours de l’ouverture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la thématique tourne autour des problèmes des problèmes sociétaux, du sport et de la mobilité. 

L’occasion également pour les lycéens de s’exercer in situ avant le grand oral du bac. Paul Bernardoni confirme : « Le projet présenté sera celui de baccalauréat, les élèves n’ont donc aucune charge de travail supplémentaire, c’est un super entraînement grandeur nature. Et puis une participation aux olympiades ou un prix de surcroit est toujours un petit plus à mettre en valeur auprès de son futur jury, la cerise sur le gâteau (rires). » La remarque est malicieuse, fondée sur un passé proche couronné de succès. Le chargé de mission s’en explique : « Les lycées vainqueurs l’année passée dans l’académie ont tous été primés sur le plan national, comme le lycée Saint-Michel à Annecy qui avait obtenu le 1er prix ou le lycée Schneider à Grenoble qui lui avait obtenu le prix de l’avenir. » Ces mêmes lycées étaient encore présents cette année pour défendre chèrement leur titre … 

Une organisation Mégagigatec ! 

Le jury est composé de dix-neuf membres aux profils riches et variés, de maître de conférences à ingénieur, en passant par doctorant ou directeur d’entreprise, ou encore professeur agrégé voire directeur de recherche.

Et comme en sport il y a même des remplaçants, en l’occurrence des professeurs de SI en classe prépa scientifique, prêts à parer à toute éventualité.

Tout ce joli petit monde est réparti par groupes pour évaluer les groupes de trois ou quatre candidats qui passent aléatoirement, par soucis d’équité, devant deux jurys différents au cours de la matinée et un autre jury de collégiens.

Afin de faire preuve du plus de transparence possible, une grille d’évaluation détaillée accompagne chaque correcteur avec des critères bien définis dont trois prédominent : la recherche d’idées (6 points), la démarche de l’ingénieur (20 points) et enfin la communication/organisation (6 points). Des compétences de type : « l’équipe est capable de … » viennent étayer chaque critère et ainsi affiner le système d’évaluation.

Une note finale sanctionne la prestation et établit le classement. Les élèves reçoivent des prix selon différents critères : originalité, innovation, défi technologique, capacité de solution, pertinence des expériences, engagement sociétal ou environnemental…

Après un accueil gourmand et l’attribution aléatoire d’un emplacement à chaque équipe de lycéens, ces deniers prennent possession des lieux ; tables, chaises, prises électriques et posters. Les choses sérieuses débutent à 9h sonnantes avec un programme de deux heures pour évaluer tous les projets. Chaque équipe a 13 minutes (huit de présentation et cinq de questions) pour convaincre les deux jurys attribués.

La fin de matinée est ponctuée par une conférence sur le sport avant la remise des médailles et un déjeuner bien mérité offert à l’ensemble des participants.

Des projets innovants et une saine émulation ! 

Maître de cérémonie micro en main, chronomètre sur écran géant, des questions-réponses, quelques hésitations, des témoignages vidéo, diaporamas, essais grandeur nature, des sourires … et surtout des jeunes convaincus par la pertinence de leur projet. L’alchimie a opéré en ce jeudi matin au cœur du quartier scientifique de la capitale grenobloise. Pour preuve, ce projet défendu par Arthur, Lilian et Arsène, scolarisés au Lycée Pierre Termier à Grenoble. Le sujet est capital pour les amateurs du genre : le babyfoot. L’objectif est de « jouer mieux, l’esprit libéré ».  Halte à la tricherie… Les trois jeunes garçons, pratiquants assidus, ont inventé un compteur automatique de buts. La remise en jeu est elle aussi assurée par un bouton poussoir avec deux coudes PVC à 45°. De sept secondes au départ entre le but et le réengagement, on passe à quatre secondes. Trois secondes de gagnées, quand les récréations sont courtes et que le temps est compté, trois secondes c’est important…

Sur le stand voisin, Orphée, Antoine, Maël, Emma et Nabil du lycée Champollion s’attaquent au handicap. Leur fauteuil roulant est à assistance électrique. « Nous sommes en région montagneuse, cela ne remplace pas l’effort mais procure une assistance bienvenue parfois. » Oui bienvenue, comme ces vérins pour aider à franchir les obstacles du quotidien, les trottoirs par exemple.

À quelques encablures, le lycée Saint-Michel d’Annecy fait corps avec son environnement avec le projet Skivière. Julien, Axel, Thibault et Hélie connaissent leur sujet sur le bout des doigts : « Nous sommes partis d’une demande des pisteurs (vidéo à l’appui) qui se plaignaient du manque de stabilité, confort, visibilité et adhérence de la barquette. À partir de là, nous avons récupéré deux civières dans deux stations de ski et avons monté un prototype avec des « cales » pour contrebalancer l’inclinaison de la pente, des « suspensions » pour amortir les chocs, un système pour s’adapter au poids de la personne tractée et enfin une application pour éclairer le traineau et permettre une meilleure visibilité surtout en temps de brouillard. » Le résultat est bluffant, « extraordinaire » dixit les pisteurs qui se tardent d’essayer cette barquette spéciale dès le mois de juin sur les pistes de Val Thorens. Un projet qui ne laissera pas le jury indifférent …

Le tour des stands continue avec Camille, Célian, Mikaël et Maxime, scolarisés à Pierre Termier qui présentent une maquette de piste cyclable recouverte de panneaux photovoltaïques : « Nous avons le projet d’une piste cyclable autonome en consommation d’énergie, capable de s’éclairer la nuit au passage d’un cycliste, capable également de recharger les vélos électriques et si possible revendre l’excédent d’électricité produit. »

Il y a encore cet autre projet dénommé EXADIS de l’école Schneider porté par Côme, Baptiste, Noé, Nolhan et Louis qui souhaitent construire une trottinette solaire pilotée à distance, guidée par GPS, capable d’obéir au doigt et à l’œil des caméras et  pilotée via une application. La possibilité est également offerte de transporter des personnes à mobilité réduite voire malvoyantes.

Sans oublier le projet Ducktective dont l’objectif est d’attirer des canards en vue de réaliser des photographies animalières.

Ou encore les rollers à assistance électrique pour un déplacement doux avec un minimum d’encombrement … bref les idées innovantes sont légion.

Palmarès OSI de l’académie de Grenoble 

  • Or : Lycée Saint-Michel (Annecy), Terminale STI2D, projet Skivière
  • Argent : Lycée Champollion (Grenoble), Terminale SI, projet AsSist
  • Bronze : Lycée Berthollet (Annecy), 1ère SI, projet Ducktective
  • Prix de l’avenir / développement durable : École Schneider Electric (Saint-Martin d’Hères) Terminale STI2D, projet Exadis
  • Prix thématique : Lycée du Dauphiné (Romans-sur-Isère), 1ère SI, projet cible intelligente 

Une matinée en guise de répétition générale puisque Minatec sera également l’hôte des finales nationales des sciences de l’ingénieur programmées le 1er juin à Grenoble. Une première délocalisation en province et surtout une juste récompense pour cette entreprise à la pointe des micros et nanotechnologies. L’occasion pour Guy Chateigner (IA-IPR STI) et Monsieur Bernadoni de glisser un petit mot de remerciement à destination de l’entreprise grenobloise, de saluer l’ensemble des élèves inscrits dans ces filières d’avenir, sans oublier de souligner l’investissement de l’ensemble du jury et les partenaires avec une mention spéciale pour le CEA, « le soutien essentiel qui finance toutes ces journées. » 

La finale nationale du 1er juin verra donc les lycée Saint-Michel, Champollion et Berthollet, défendre fièrement les couleurs de l’académie de Grenoble avec des projet originaux et des plus pertinents. Des élèves, à l ’image du quatuor vainqueur, « fiers et motivés » pour essayer d’aller remporter le titre national.

De quoi espérer décrocher la plus belle des médailles de ces olympiades SI, même si l’essentiel est assurément ailleurs…

 

Mise à jour : avril 2023