« Sur les traces » : quand la mémoire devient création vivante

La restitution du projet « Sur les traces » porté par les élèves du collège Fernand Bouvier à Saint-Jean de Bournay (isère), s’est tenue dans un lieu chargé d’histoire et d’émotion : le jardin du Mémorial d’Izieu, devant la maison où vécurent les enfants réfugiés pendant la seconde guerre mondiale.

C’est dans cette scène naturelle, face à la demeure qui conserve leur mémoire, que les collégiennes et collégiens ont présenté une création artistique d’une rare intensité.

Jalonnée de différents moments clés, cette aventure a officiellement commencé le mardi 3 février 2026, date à laquelle les élèves ont assisté au concert de la violoncelliste de renommée mondiale, Sonia Wieder Atherton, au LUX de Valence. Le lendemain, l’artiste s’est déplacée en personne au sein de l’amphithéâtre du collège pour un moment d’échanges et de grâce lors d’un concert privé. Du lundi 18 au mercredi 20 mai, sous la houlette de Jean Chourry, 19 élèves se sont portés volontaires pour participer à la résidence Sonia Wieder Atherton au collège. Et enfin, jeudi 21 mai, les collégiennes et collégiens ont participé à un concert partagé avec les élèves de la chorale au Mémorial d’Izieu.

Ce projet n’aurait pu voir le jour sans le travail partenarial et la parfaite collaboration avec le Mémorial d'izieu, le LUX scène nationale, le conseil départemental de l’Isère, le Ministère des armées, la DILCRAH (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT), le rectorat de l’académie de Grenoble et la DAAC (Délégation académiques aux arts et à la culture).

Passeurs de mémoire

En amont de la résidence artistique, les élèves se sont engagés dans un travail de recherche sensible autour des enfants de la Maison d’Izieu. À partir des archives du mémorial – lettres, dessins, photographies et témoignages – ils ont découvert des parcours de vie singuliers, des rêves d’enfants, des fragments d’existence brutalement interrompus ou parfois sauvés.
Guidés par la note d’intention de la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton, ils ont choisi de considérer ces enfants comme des présences vivantes avec lesquelles dialoguer à travers le chant, la poésie, le récit, la danse et l’image.

La résidence artistique menée avec Sonia Wieder-Atherton a permis de transformer cette réflexion historique en une œuvre collective profondément humaine. Dans le cadre exceptionnel du mémorial, les voix des élèves ont résonné comme un écho à celles des enfants d’Izieu qui, eux aussi, chantaient, dansaient et donnaient des spectacles dans ce même jardin malgré les menaces qui pesaient sur leur avenir.

Un moment suspendu

Porté par le violoncelle de l’artiste, le spectacle a offert un moment de partage particulièrement émouvant où la mémoire n’était pas seulement racontée mais incarnée. Les élèves sont devenus de véritables passeurs de mémoire, capables de faire dialoguer l’histoire et la création artistique, le passé et le présent.
Cette réalisation illustre pleinement les ambitions du projet telles que faire vivre l’histoire à travers les arts, favoriser l’engagement des jeunes et transmettre les valeurs de dignité, de fraternité, de liberté et de paix.

Dans le cadre unique du Mémorial d’Izieu, cette rencontre entre création contemporaine et mémoire des enfants a donné naissance à une expérience artistique et citoyenne marquante, dont, à n’en pas douter, chacun gardera durablement le souvenir. Quand l’art se met au service de la mémoire…

Mise à jour : juillet 2026