Questions-Réponses ! Valérie Védrenne, Conseillère académique auprès de la DAAC
A l’occasion des journées européennes du patrimoine, programmées les 19 et 20 septembre partout en France, nous accueillons Valérie Védrenne, conseillère académique Patrimoine, Architecture, Musées auprès de la DAAC. La pédagogue évoque une déclinaison de ce temps fort culturel destiné aux élèves.
L’opération « Les enfants du patrimoine » a été créée il y a de nombreuses années (ndlr en 2003) par les CAUE (Conseil Architecture Urbanisme Environnement), d’abord en Ile-de-France, avant de se généraliser à l’ensemble du territoire en 2018.
Elle fait partie d’une opération plus globale intitulée « Levez les yeux ! », initiée par le ministère de la Culture et le ministère de l'Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, qui vise à favoriser l’accès à une éducation artistique et culturelle de qualité. Plus particulièrement, « Les enfants du patrimoine » visent à sensibiliser à l’architecture, au patrimoine et à l’urbanisme.
Ce dispositif s’adresse aux élèves, de la maternelle à la Terminale avec même des actions destinées aux post-bac. Des adaptations sont également réalisées lors de l’accueil de classes avec enfants porteurs de handicap.
Patrimoine matériel, immatériel, monuments, musées, des lieux à différentes échelles (du grand paysage à la cascade porteuse d’une histoire et d’une culture), des savoir-faire… On peut aussi balayer les époques (ils peuvent commencer au temps de la préhistoire, surtout que sur notre académie les sites sont riches et variés, jusqu’à l’époque actuelle). C’est une belle occasion de découvrir aussi du patrimoine immatériel au travers de récits, de contes, la découverte de cultures, voire de la gastronomie… Il y en a pour tous les goûts, toutes les époques et tous les types d’approche.
Dans l’académie de Grenoble une cinquantaine d’actions sont proposées par les CAUE des départements, avec de multiples partenaires.
Elles peuvent se manifester sous forme d’expositions, de visites guidées, de parcours découverte…et sous forme pédagogique toujours, mais plus ludique, où les élèves deviennent acteurs en pleine nature, dans les villages ou en ville, via des jeux de pistes et des rallyes. Les organisateurs peuvent aussi proposer des animations avec des ateliers pratiques, projeter des films ou encore des contes, des balades théâtralisées.
Sensibiliser dès le plus jeune âge est vraiment un enjeu d’éducation citoyenne qui permet à la fois de découvrir le monde environnant et un patrimoine de proximité, parfois situé sur le chemin de l’école et auquel on ne prête aucune attention. L’enjeu est d’apprendre à le connaître, à l’observer et à le décrypter et a travers ce patrimoine, connaître l’histoire des lieux où on vit. Comprendre notre histoire, c’est mieux s’ancrer dans le présent et construire ce que l’on sera demain.
Cette meilleure compréhension du monde qui nous entoure permet d’avoir une démarche plus sensible, plus éclairée, plus citoyenne, d’aiguiser son esprit critique et comprendre la signification de la préservation du patrimoine, pourquoi c’est important.
Souvent, comme les journées du patrimoine ont lieu tôt dans l’année scolaire, c’est une façon, pour les enseignants, de débuter un projet, que ce soit sur le patrimoine ou en interdisciplinarité. Ces actions multiples étant variées et gratuites, les enseignants inscrivent leur classe, viennent, et ensuite ils font intervenir d’autres partenaires dans les classes.
À l’inverse, cela peut correspondre également à une séance de conclusion de projet, voire au milieu de celui-ci pour un exemple concret d’illustration du cours. Cela peut correspondre également à un moment fédérateur entre élèves.
Découverte, culture… c’est difficile de choisir.
L’Opération « Levez les yeux » se prolonge mi-octobre avec les Journées nationales de l'architecture, où les CAUE, maisons de l’architecture, un peu partout en France, vont également proposer des actions, l’occasion alors de jouer les prolongations.
Cette année les deux thématiques sont « Patrimoine de la photographie » en lien avec le Bicentenaire de la Photographie, et « Patrimoines en péril : raviver, résister, réimaginer ».
La maison de l’architecture de l’Isère propose un concours photographique pour les élèves, en lien avec leur patrimoine local, dont notamment le bâti scolaire.
J’ai découvert, il y a quelques années, La Galicière, qui est une petite structure patrimoniale à Chatte, près de Saint-Marcellin (38), où l’on peut découvrir des anciens métiers à filer. C’est un lieu riche en termes de savoir-faire, où les jeunes filles étaient internes et l’on va découvrir leur vie au fil de la révolution industrielle, leur passage d’écolière à s’occuper des champs à celui d’ouvrières dans les usines de filage.
C’est un lieu qui accueille également des artistes, avec un beau jardin, une belle vue, et régulièrement des moments festifs en lien avec des résidences d’artistes. C’est donc l’occasion de faire rimer patrimoine, arts visuels, arts appliqués et arts plastiques, c’est l’Éducation artistique et culturelle au sens large du terme.
Mise à jour : septembre 2026