Cordées de la réussite : « Réussir son IUT à Valence » flèche la voie (royale) vers le supérieur

Mercredi 4 février, au cœur de la semaine des cordées de la réussite, l’IUT de Valence a invité 8 établissements « encordés » issus de de la Drôme et de l’Ardèche au sein de ses locaux.

Objectifs : découvrir l’Institut universitaire de technologie valentinois et ouvrir le champ des possibles… Mais pas seulement. Il était également question de favoriser la découverte des poursuites d’études dans le supérieur, de mieux appréhender la pédagogie des formations dispensées, de se familiariser avec le cadre d’étude et les attendus exigés grâce à des temps d’échanges avec des étudiants « parrains », et enfin, découvrir la future ville d’études à travers une visite culturelle de Valence.

Pour rappel, quatre formations de BUT sont dispensées au sein de l’IUT valentinois, lui-même rattaché à l’université Grenoble Alpes : Réseau et Télécoms, Technique de commercialisation, GEA et Informatique.

Près de 1 000 Cordées de la réussite réparties sur le territoire national

Les cordées de la réussite relèvent d’un programme de mise en réseau des établissements qui repose sur 3 principes :

  • La lutte contre l’autocensure, le développement de l'estime de soi et le désir de se dépasser,
  • L’orientation et une meilleure connaissance des filières de poursuite d’étude et de formation
  • L’élargissement des repères culturels et le développement de la curiosité intellectuelle.

Une "Cordée de la réussite" s’appuie sur le partenariat entre une "tête de cordée" qui peut être un établissement d'enseignement supérieur : grandes écoles, universités ou lycées comportant une CPGE ou une STS (Section de Technicien Supérieur), et des établissements dits "encordés" : collèges et lycées de voie générale, technologique ou professionnelle qui relèvent plus particulièrement des réseaux d'éducation prioritaire, des quartiers prioritaires de la politique de la ville ou de zones rurales éloignées des métropoles.

À l’échelle nationale, plus de 3 600 collèges et lycées sont engagés dans la démarche, parmi lesquels 70% des collèges de l’éducation prioritaire. Parmi les 152 800 élèves bénéficiaires, plus de 36 000 sont issus de territoires ruraux et 15 400 sont des lycéens professionnels.

Le dynamisme du dispositif repose notamment sur l’engagement déterminant des 20 600 étudiants des établissements d’enseignement supérieur mobilisés pour soutenir les élèves.

La Semaine nationale des Cordées de la réussite permet de valoriser dans les territoires l’ensemble des acteurs des Cordées, en premier lieu les élèves impliqués, mais également toutes celles et tous ceux qui accompagnent ces élèves : enseignants, étudiants, associations, collectivités territoriales, entreprises…

Au sujet de la cordée drômoise, l’IUT de Valence est la tête de cordée. Il « encorde » 8 établissements au total, quatre en Ardèche et autant en Drôme :

  • Lycée polyvalent Marcel Gimond (Aubenas), Cité scolaire Le Cheylard (Le Cheylard), Lycée polyvalent Xavier Mallet (Le Teil), Lycée polyvalent Vincent d'Indy (Privas)
  • Lycée général et technologique Les Trois sources (Bourg les Valence), Lycée polyvalent Gustave JAUME (Pierrelatte), Lycée polyvalent du Dauphiné (Romans sur Isère), Lycée polyvalent Algoud Laffemas (Valence) 

Premiers de cordée

Postés devant les portes de l’établissement, Jade, Guillaume, Candice, Florentin et Raphaël attendent les lycéennes et lycéens avec impatience. Il faut dire que les 5 élèves ambassadeurs de l’IUT prennent leur rôle à cœur, charge à eux de « répondre à toutes leurs questions et délivrer les bonnes informations », mais également « leur faire découvrir les locaux et la vie d’un étudiant au sein de l’établissement ». Et comme la délégation se fait attendre, la sympathique équipe prend le temps de nous en dire un peu plus sur sa motivation : « On a beaucoup apprécié d’être bien accueillis ici lorsque nous étions au lycée, alors à nous maintenant de jouer le jeu ». L’état d’esprit est remarquable… tout comme les arguments pour inciter les plus jeunes à rejoindre l’IUT : « On ne les oblige pas à venir (rires) mais on leur parle du cadre de vie qui est très agréable avec des bâtiments plutôt lumineux. La vie étudiante est aussi très bien organisée et nous vivons dans un environnement à taille humaine, ni trop grand, ni trop petit ».

Expérimentés, les ambassadrices et ambassadeurs reviennent sur les questions habituelles qui leur sont posées et celles qui le sont un peu moins : « On nous interroge souvent sur le choix entre les quatre BUT, les différences techniques entre informatique et cybersécurité, ou encore Tech de Co et GEA. Certains d’entre eux font part d’une certaine appréhension. On est là pour les rassurer en leur expliquant comment se déroule la vie d’un étudiant à l’IUT. Notre question la plus atypique concerne la présence de filles dans les filières techniques. Effectivement il n’y en a pas beaucoup, ce qui est dommage d’ailleurs, même si au fil des années on s’aperçoit que c’est de moins en moins vrai ».

L’IUT de Valence déroule le tapis rouge à ses (potentiels) futurs élèves

Plus le temps de discuter, les lycéennes et lycéens ont fini de poser pour la photo souvenir. Il est alors temps pour nos ambassadeurs de les guider au sein des classes afin de converser avec d’autres étudiants et professeurs de l’IUT. Des échanges auxquels prennent part Philippe Dulbecco, recteur de l’académie de Grenoble et Thierry Aumage, IA-DASEN de l’Ardèche.  

Monsieur le recteur et monsieur l’IA-DASEN ont également eu la chance d’échanger avec des enseignants des lycées invités qui ont fait le plus ou moins long déplacement pour accompagner leurs élèves. Corinne et Essia professeures de STMG et éco gestion au lycée Marcel Gimond à Aubenas, Éric, professeur en STMG au lycée Vincent d'Indy à Privas, ou encore Philippe, Enseignant en STI2D au lycée Algoud Laffemas à Valence sont unanimes sur la pertinence de ces cordées et de ces journées d’intégration : « Nos élèves sont issus de lycées « cocons », ils arrivent ici avec beaucoup d’appréhension et des représentations souvent inexactes. Ils s’autocensurent et s’imaginent que c’est trop dur, qu’ils n’y arriveront jamais. Ces rencontres permettent de mesurer le niveau attendu, l’apprentissage, l’organisation et surtout ils se disent qu’ils sont aussi capables de réussir ».

Des visites qui ont également le mérite de resituer Valence sur la carte de France : « Quitte à partir, nos élèves préfèrent aller à Montpellier, Lyon, Grenoble ou encore Nîmes. Après cette journée, ils notent que Valence c’est aussi une bonne option. Beaucoup ne serait jamais venu ici sans les cordées ». À titre d’exemple, sur 15 élèves de STMG présents l’an dernier au lycée Vincent d’Indy, 7 ont intégré l’IUT de valence. À l’inverse certains élèves ressortent de ces journées confortés dans l’idée que le BUT n’est pas fait pour eux.  Monsieur le recteur rebondit en rappelant que « l’objectif n’est pas forcément d’intégrer un BUT mais que les jeunes se projettent dans des filières auquelles ils n'auraient pas pensé », tandis Monsieur Aumage imagine « ouvrir ces cordées dès le collège ». La mobilité géographique ou encore le copilotage des cordées viennent conclure ces échanges très instructifs.

Retour avec nos élèves ambassadeurs qui prennent en charge le dernier temps de la journée, une visite au sein des locaux de l’établissement. Les lycéennes et lycéens traversent des amphis (pendant les cours) et 5 bâtiments « à taille humaine » ou encore des salles de classe et même une salle vidéo avec un fond d’écran vert « pour des enregistrements sur Insta ». Les guides insistent sur le fait que « l’IUT de Valence correspond à de l’enseignement supérieur dans des conditions proches de ce qu’ils connaissent déjà » avec cette belle formule : « C’est un prolongement du lycée plutôt qu’un nouveau monde ». De quoi certainement rassurer le plus grand monde justement…

Futures étudiantes ou étudiants, ou pas ?

Slim, élève au lycée Gimond à Aubenas est encore dans l’expectative : « C’était intéressant de découvrir les BUT. Je commence à réfléchir à l'avenir et ça me donne des pistes. Avant je ne pensais pas trop à venir à Valence, j’aurais préféré Grenoble mais maintenant c’est aussi une option ».

Maelice, elle aussi en provenance d’Aubenas, a un avis bien tranché sur la question : « Je connais bien Valence, je sais que je ne viendrai pas ici et que je ne ferai pas de BUT. Cette journée était une bonne idée mais mon projet est de faire un BTS en alternance à Nîmes. J’ai envie de voir un peu ailleurs ».

Tom, originaire du sud de la Drôme, voit son choix conforté à l’issue de cette visite : « J’avais déjà l’intention de rejoindre l’IUT avant aujourd’hui avec l’envie de faire un Master. J’ai pu découvrir concrètement la vie d’un étudiant, assister à un cours de Tech de Co et de GEA, manger au restau universitaire…. Ça ressemble au lycée et c’est rassurant. La présence du CROUS a également permis d’évoquer des solutions pour trouver un logement et mieux comprendre les systèmes de points pour déjeuner avec des aides pour les boursiers. Bref c’était très instructif. Ça m’a bien plu et me donne encore plus envie d’y aller. J’ai déjà hâte d'y être ».

Futurs étudiants ou pas au sein de ses locaux, la cordée « Réussir son IUT à Valence » a surtout le mérite d’accompagner les élèves dans la construction de leur projet et de leur donner les clés pour franchir la porte des études supérieures.

L’interview en +

Aline Bianchi, chargée de projet BUT+ auprès de l’Ecole universitaire de technologie (EUT) qui regroupe les trois IUT de l’université Grenoble-Alpes (UGA), se fait la porte-parole de son équipe composée de Stella Eymery, Florence Hamada et Nathalie Mecca.

Depuis combien de temps existent ces cordées de la réussite au sein de l’IUT de Valence ?

C’est la deuxième année désormais, au total ce sont huit établissements encordés à l’IUT de Valence. Il existe également deux autres cordées dont les têtes de cordées sont l’IUT 1 et l’IUT 2.

Beaucoup d’élèves sont impliqués dans ces cordées ?

Oui, nous avons 137 élèves encordés cette année à l’IUT de Valence.

C’est mieux que l’an dernier ?

Oui beaucoup mieux puisque l’année dernière nous en avions 45.

Pourquoi cette journée ?

Au préalable, elle s’insère dans un processus plus long de trois journées entières de déplacement au sein de l’IUT. Les objectifs sont de découvrir le cadre d’études de l’enseignement supérieur, déjà l’IUT mais aussi le campus environnant, la ville de Valence avec également une découverte culturelle du futur lieu d’études. Il s’agit évidemment de découvrir les formations, ce qui veut dire des immersions en cours pour savoir concrètement à quoi cela ressemble, mais aussi d’échanger avec des enseignants qui explicitent bien le contenu des différentes filières, sans oublier de rencontrer les étudiants qui évoquent le rythme, les grands changements suite au passage du lycée à l’université, comment tout cela fonctionne. Ces échanges entre pairs sont très importants, ils parlent beaucoup aux lycéens.

L’idée est de les inciter à vous rejoindre ?

On souhaite surtout leur faire passer le message qu’ils sont tout à fait capables de rejoindre l’IUT. L’objectif des cordées est de susciter de l’ambition, des projections pour les élèves, en l’occurrence à l’université de Valence on travaille avec des établissements éloignés des centres universitaires, avec cette notion de mobilité, c’est pour cette raison que le CROUS intervient également aujourd’hui, afin d’évoquer tous les sujets, notamment les questions financières et de logement.  

Qu’est-ce qui vous fera dire que la journée a été réussie ?

Elle est réussie, déjà si les élèves repartent contents, car nous organisons ces temps avant tout pour eux. On verra par la suite qui candidate et qui arrive jusque chez nous au mois de septembre prochain. Ce sera un bon indicateur de notre impact.

Mise à jour : février 2026