Festival « J’invente demain » : Les sciences en effervescence

Jeudi 28 mai, le festival J’invente Demain - JID pour les intimes - retrouvait ses quartiers, comme tous les ans désormais, à la maison MINATEC de Grenoble.

Nouveauté en cette édition 2025/2026, des déclinaisons départementales pour les élèves des deux Savoie, le 4 juin à Annecy, et ceux de Drôme-Ardèche, le 23 juin à Montélimar. En Isère, 34 collèges étaient réunis pour inventer les solutions de demain et répondre à des enjeux de société, le tout dans une démarche d’innovation.

J’invente demain » vise à mettre en lumière les actions menées par des collégiennes et collégiens autour de l'innovation et la créativité en technologie. Le programme qu’il clôture, porté en partenariat avec le CEA, est labellisé "Année de l'ingénierie". Il se trouve adossé au dispositif expérimental CHAMS (classes à horaires aménagés en mathématiques et sciences) dans un certain nombre d’établissements de l’académie.

Stéphane Deplaude, IA-IPR STI, était à la baguette de cette nouvelle édition. Attentionné vis-à-vis de tous, l’inspecteur, dans son discours d’ouverture, dressait un rapide rappel des programmes et se réjouissait de voir une parité respectée au sein de ce festival, un JID qui s’inscrit alors « pleinement dans l’air du temps ». « Prenez du plaisir, expliquez votre travail » étaient les ultimes conseils adressés aux élèves.

La projection et l’évaluation des projets pouvaient alors débuter avec une session en amphithéâtre et une autre, en parallèle, au sein de la salle des expositions de la maison Minatec.

JID version court métrage

Les vidéos succèdent aux vidéos avec un bonus cette année, chaque élève a la possibilité de voter pour son coup de cœur. Certaines productions s’essayent à l’anglais tandis que d’autres jouent la carte de l’humour. Le jeu d’acteur est digne du festival de Cannes (ou presque) et le succès à la clé. 21 films sont présentés avec des thématiques axées principalement sur l’écologie, le social et l’environnemental, sujets chers à la jeunesse :  Air of wisdom, Borne Métier, Bracelafe, Breezbox, Calmitable, Caravanep, Égalité traitement, Filtration eau, Green Control, Indicateur d'arrosage, My pet Keeper, Poubelle du Futur, Reglo, Respir Avalanche, Safe Fish, Save Bracelet, SDF distrib, Sun cream, V de la victoire pour les océans et Zéro Gaspillage.

Citons au hasard « Bracelafe » du collège Simone Veil à Champier, sous format JT de TF1, parmi les premiers à l’applaudimètre. Ou encore Calmitable du collège Flemming à Sassenage dont l’objectif est de réduire le bruit en classe grâce à des capteurs sonores qui mesurent le volume produit à chaque table. S’il est supérieur à 75 db, une lumière rouge s’allume. La sanction tombe alors au bout du troisième avertissement. Un bon moyen alors d’auto évaluer son impact sonore. Le corps professoral vous remercie…

Le collège Louis Mauberet à La Mure se préoccupe de l’inégalité de traitement entre femmes et hommes, le tout en anglais. Une boite électronique est conçue pour aider à résoudre cette problématique sociétale.
L’économie de l’eau est abordée à plusieurs reprises, notamment par les élèves du collège Jules Verne à Varces. Il faut dire que les quelques 50 litres d’eau gaspillés en moyenne par personne et par jour en France ont de quoi questionner. D’où cette formule percutante : « L’eau n'est pas perdue, elle attend d'être réutilisée ».

JID version maquettes

À l’instar des vidéos, les maquettes présentées abordent le plus souvent des problèmes relatifs à l’environnement et au social.  33 projets au total intitulés : Security airplane, Colis sans ennui, L'Ascenseur à courses, Bricogirl, Serre connectée, Lumerature, Projet Bloomie, Robot coach contre les addictions : le carrefour des décisions, Aveuglobot, Recycl'eau, Expérisciences, Les casiers du cœur, Barrière déchets flottants, Flash Brain, Le panier poubelle, Le passage escalator, Hot coque, Robot ramasseur de déchets, Gaspillage Alimentaire DARG, Recycl'o, Alarme Inondation, Habitat de secours, Vie aquatique 1 et 2, Vie terrestre 1 et 2, Skialpsecure, Save Cat, Observateurs des aigles royaux, Stop à la sur-chasse, Inégalité et Astravision.

Le hasard nous conduit jusqu’à la présentation du projet Bloomie par des élèves du collège Flemming à Sassenage qui traite de la santé mentale, notamment la problématique de dépression chez les jeunes. Lya, Timothé et Manel, en classe de 4ième, se lancent tour à tour pendant trois minutes : « Nous avons inventé un petit objet à placer près du lit dans lequel la voix d’un proche, réconfortante, est enregistrée. Une lumière apaisante est associée à la voix, il s’agit de calmer les angoisses afin de lutter contre ce problème de santé publique ». Le jury, tout ouïe, cherche à approfondir : « Combien de voix peut-on enregistrer ? Pendant combien de temps ? Quel capteur ? Quelle carte mémoire ? Quel est le rôle de l’ordinateur ? Quel programme avez-vous utilisé ? … » Les jeunes élèves de 4e ont été très convaincants, de l’avis même de leurs deux enseignantes qui débriefent : « Vous avez bien parlé, toujours répondu aux questions et vous êtes bien repartis la parole. C’est super positif, vous avez géré comme des pros, bravo ! »

Un peu plus loin, Lou, Eline, Charlotte et Myla, scolarisées en troisième au collège le Massegu à Vif, présentent leur projet Flash Brain qui cherche à répondre à cette problématique : « Comment prouver que les hommes et les femmes ont le même raisonnement scientifique » ? Souhaitant lutter contre les clichés, les jeunes filles proposent un jeu de plateau dans lequel s’affrontent des équipes non mixtes puis mixtes, et constatent alors que « le jeu se joue plus rapidement quand les équipes sont mélangées. Cela prouve que l’on est tous égaux entre femmes et hommes sur les sciences ». Convaincu de la pertinence de cette remarque, le jury souligne néanmoins, avec bienveillance, quelques incohérences dans le raisonnement : « Est-ce que c‘est scientifique de poser des questions sur le mur de Berlin ? » Il semblerait que trop de facteurs et paramètres entrent en jeu, ce que constatent avec lucidité les jeunes filles : « La problématique ne correspond pas tout à fait à ce que l'on a mis en place ». C’est aussi ça l’expérimentation scientifique, la démarche essai-erreur, se nourrir de ses imperfections pour s’améliorer.

Du même établissement, Elsa, Annaëlle et Ela, attendent le jury de pied ferme avec leur projet Hot coque. Nous ne sommes pas en train de parler de la gestion d’un poulailler mais d’une façon très, très originale de gérer l’utilisation du téléphone portable : « Hot coque oblige à un temps de pause sur les écrans car au bout d’un moment, la coque nous chauffe les doigts, ça ne brule pas on rassure, ce n’est pas non plus trop désagréable » ! Interpellé, le jury teste et réagit : « Est-ce que ça peut abîmer le téléphone ? Est-ce que cet objet est apprécié par vos camarades ? Quelle a été la réaction de vos ami(e)s, pas de camp anti Hot coque ? ». Après coup, le trio est satisfait de cette présentation : « Cela s’est très bien passé, c’était stressant au début mais le jury était sympa, c’est une très bonne expérience ».

De l’autre côté de la salle Minatec, Charlie, Emile, Eline, Léa, Océane, Lorys et Maxence, scolarisés au collège Marcel Mariotte à St Siméon de Bressieux, défendent Recycl’O, sous les yeux attentifs d’Émilie, leur enseignante. Ce projet, présenté de façon détaillé sur le site de la CARDIE (Cellule Académique Recherche Développement Innovation Expérimentation), est à retrouver en  vidéo.

À l’issue des projections et présentations des projets, un soleil radieux, à l’image de cette journée, accompagnait la pause repas.  Une conférence dispensée par des jeunes scientifiques sur leurs parcours de formation - avec la volonté affichée d’inspirer les jeunes - faisait patienter l’assemblée jusqu’aux remises de mentions et la clôture de la journée.

S’il fallait établir un seul constat de cette belle journée placée sous le signe de l’expérimentation scientifique, c’est que notre jeunesse a des idées, de bonnes idées. Le festival JID l’a prouvé de nouveau. Des idées si pertinentes et un si beau modèle qu’il se murmure que des représentants du rectorat de l’académie de Lyon étaient présents afin d’élargir le festival à la région académique. Si cela n’est pas un gage de qualité…

La réaction en + 

Le mot de Guy Chataigner, IA-IPR sciences, aujourd’hui à la retraite, co-fondateur du festival et membre du jury :

« JID, c’est quand les sciences et la technique sont au service du social et de l'environnement pour le progrès humain, d'où l’appellation bien nommée J'invente demain. Nous n’avons pas trouvé mieux pour l'instant au collège pour expérimenter. Les bons ingrédients sont là, c’est à la fois ludique avec une pointe d’excitation liée au concours. JID permet de créer une dynamique et suscite des vocations. C’est également une façon de réfléchir à l’orientation, et notamment créer de l’intérêt chez les filles, toutes bienvenues dans les filières scientifiques, ingénieries et techniques qui sont porteuses d’emploi. Nous avons besoin de jeunes pour l’économie française, et ce dans le cadre du plan France 2030. Ce festival J’invente Demain permet alors aux élèves de se projeter ».

Mise à jour : juin 2026