Cet évènement, placé sous le marrainage de l’ingénieure chercheuse du G2Elab de Grenoble Jane Marchand, était lancé officiellement par Madame Ségolène Marbach, Directrice de Territoire de sciences et Monsieur Patrice Gros, Directeur académique des Services de l’Education Nationale de l’Isère.
Dans leurs discours d’ouverture, les deux personnalités ont souhaité rappeler le double enjeu lié à ce défi : « développer les raisonnements scientifiques et accompagner les filles à oser s’orienter vers les métiers scientifiques ».
Magistralement organisée par le groupe Sciences Ecologie et développement durable de la DSDEN de l’Isère, cette version 2025/2026 de « drôles d’aéromobiles » était marqué par le seau de l’ingéniosité. De quoi ravir les scientifiques. Et les artistes…
Votre mission si vous l’acceptez…
Le cahier des charges a destination des participants était très clair : « Nous vous mettons au défi de construire un véhicule terrestre (roulant, glissant…). Il devra se déplacer le plus loin possible sur une surface horizontale à l’aide d’un dispositif utilisant les propriétés de l’air. Il ne sera pas possible qu’une personne touche le véhicule ni qu’il souffle avec la bouche sur le véhicule pour le faire avancer.
Le véhicule devra être fabriqué en privilégiant des matériaux de récupération. » Entre les lignes, la volonté de faire découvrir aux élèves, des démarches scientifiques et technologiques concrètes en lien avec les enjeux du développement durable.
Aidée par une grille aux critères très détaillés et adaptés à chaque tranche d’âge, (concernant la distance de déplacement notamment, l’engin au cycle 1 doit simplement bouger, au cycle 2 parcourir 1m, et 2m pour le cycle 3), chaque classe ne devait fournir qu’un seul véhicule, obligeant en amont des échanges entre pairs pour se ranger, à l’unisson, derrière un seul projet.
Envol du cerisier, Tempête, La Babouba, Le bateau dirigeable, L'étoile filante …
Autant de noms plus ou moins poétiques pour définir chaque aéromobile… soumise à l’appréciation de deux jurys. Si le second, composé d’adultes en charge de l’organisation de la journée (DSDEN de l’Isère notamment), s’attachait à la qualité artistique, le premier, composé d’élèves de CM de l’école Simone Lagrange à Grenoble, veillait à vérifier les contraintes techniques. Armés de feuilles, stylo, pompe à vélos… les élèves grenoblois évaluaient avec conscience professionnelle les véhicules selon différents critères techniques fournis par le groupe sciences / EDD de l’Isère. Si besoin d’informations complémentaires, le jury avait la possibilité de se référer aux journaux de bords fournis par chaque classe afin de présenter les réalisations et les choix techniques retenus pour les véhicules.
Disons-le d’emblée, l’ensemble des prototypes passait le test technique haut la main dans l’ensemble même si de temps en temps, les moteurs présentaient quelques petites fuites d’air …
Un petit coup de pouce pour le départ et sensation magique, les ballons de baudruche se transforment en moteurs, les drôles d’aéromobiles vagabondent alors dans la salle avec plus ou moins de vitesse et de grâce. C’est aussi une des problématiques de ce beau défi : faut-il privilégier l’aspect technique en allégeant la machine et sacrifier plus ou moins le côté artistique, ou alors faut-il jouer sur la beauté du véhicule quitte à le ralentir quelque peu ? To be or not to be ….
Une fiche jury en cours de validation par les élèves de Simone Lagrange
Une journée saluée par tous
Ce concours aura eu l’immense mérite de valoriser des projets scientifiques interdisciplinaires impactant près de 2000 élèves isérois, favorisant leur créativité, leur raisonnement scientifique et leur engagement. Aussi, les élèves de l’école Simone Lagrange ne se sont pas faits prier pour donner leur accord pour s’engager, d’ores et déjà, dans le prochain défi scientifique et technologique de la DSDEN de l’Isère. Des élèves grenoblois qui, pour les récompenser de leur investissement, ont pu bénéficier d’une initiation à la conception Fablab, présent à la Casemate, et fabriquer quelques tangrams en bois, pour la plus grande joie de tous.
Même vision positive du côté du corps enseignant, qui n’aura pas manqué de souligner la richesse pédagogique de ce projet fédérateur dans leurs écoles.
Un défi qui permet enfin d’illustrer l’importance des partenariats entre l’Éducation nationale, les acteurs et les structures de culture scientifique, puisque cet événement témoigne d’un travail conjoint avec la Maison Pour la Sciences Alpes Dauphiné, et la Casemate à Grenoble, Centre de culture scientifique, technique et industrielle
Les résultats complets de cette belle journée ainsi que des vidéos des projets sont à retrouver sur le site Sciences et EDD de l’Isère
Qui sait si d’ici quelques années, ces drôles d’aéromobiles ne nous conduiront pas, par monts et par vaux, jusqu’au bout du monde ?
Article rédigé en collaboration avec notre stagiaire Ilan et mis en ligne par notre stagiaire Vlada
L’interview en +
Nathalie Gouy, conseillère pédagogique sciences, au sein de la DSDEN de l’Isère
Comment expliquez vous le succès de ce défi ?
C’est surtout un projet ludique avec une démarche d’investigation que les élèves s’approprient plutôt facilement. Du côté des enseignants, ils sont formés, accompagnés et disposent de plusieurs ressources à leur disposition.
En quoi présente-t-il un intérêt scientifique ?
Il y a beaucoup d’essais et beaucoup d'échecs. Les élèves doivent créer le protocole, faire le choix du matériel, essayer, réajuster, collaborer pour se mettre d’accord sur un projet, donc c’est une vraie démarche d'expérimentation scientifique avec la nécessité de coopérer pour s’améliorer, réfléchir à ce qui n‘a pas fonctionné, pourquoi, ? comment ? C’est ce qu’on vise, le combo essai-erreur qui permet d'avancer.
Un défi dont la portée va bien au-delà des sciences ?
Tout à fait, il y a des répercussions sur les autres matières, c’est très transversal. Il faut réfléchir, faire, décider ensemble et écouter l'autre dans ses propositions. Cela crée une cohésion de groupe et un enrichissement au contact des autres, c’est similaire au monde professionnel, les élèves mobilisent une intelligence collective.
Mise à jour : juin 2026







