Créé en partenariat avec le dispositif Science à l'École, ce concours récompense des projets scientifiques innovants, toutes disciplines confondues, élaborés au cours de l'année scolaire par des élèves du second degré. Sévérine Martrenchard, physicienne au CNRS et présidente du comité scientifique du Concours CGénial, affine : « Cette compétition offre une opportunité unique de stimuler le goût des élèves, tant chez les filles que les garçons, pour les sciences et de susciter des vocations pour la recherche et l’industrie ».
Nappe de brouillard
Le projet des lycéennes et les lycéens savoyards, retenu parmi les 85 autres projets en compétition, porte sur la chambre à brouillard. Ce type de dispositif, ancré dans la physique des particules et l’innovation technique, occupe une place importante dans l’histoire de la physique expérimentale car il a permis d’observer directement des phénomènes auparavant invisibles.
Cette chambre s’apparente à un détecteur permettant de visualiser des traces laissées par des particules ionisantes dans un milieu sursaturé, un peu à l’image de la traînée blanche laissée par un avion dans le ciel, lorsque l’air chaud et froid se mélangent. Cette trainée de condensation permet alors, à l’échelle de cette chambre à brouillard, de déceler de la radioactivité.
Foncer dans le brouillard
Encadrés par deux enseignants, Yves Duarte et Guillaume Claus, Anna, Flavio, Timothée et Lucas sont les quatre élèves concepteurs de cette expérimentation.
D’une chambre composée de matériaux de récupération dans sa version initiale, le projet n’a cessé de s’améliorer pour aboutir à un prototype final modélisé et imprimé en 3D, couplé à un champ électrique et un système de chauffage de l’alcool.
Sous l’impulsion de leurs enseignants, les élèves auront ainsi exploré différentes pistes et hypothèses d’amélioration. D’où l’intérêt d’un tel projet qui ne se limite pas seulement à l’objet technique construit en lui-même, mais aussi et surtout à la démarche adoptée : conception, expérimentation, observation et interprétation, soit un excellent exemple concret de cheminement scientifique appliqué en contexte scolaire.
Émerger du brouillard
Deux ans à travailler avec passion sur ce projet, et la récompense se dessine enfin pour l’équipe du lycée Ambroise Croizat de Moûtiers, dont le projet n’a pas laissé indifférent les experts scientifiques, Sévérine Martrenchard en premier lieu : « Les projets ont été évalués sur des critères d’originalité, d’innovation, d’intérêt sociétal et de rigueur scientifique. Le jury a été très impressionné par la qualité des projets présentés, alliant rigueur et imagination, par la grande maîtrise technique et scientifique des élèves, leur capacité à gérer les étapes d’une démarche de recherche, et les liens tissés avec des laboratoires et des partenaires industriels pour un partage d’expertise. Ceci démontre une grande vitalité des académies et l’engagement du corps enseignant et des partenariats tissés sur leur territoire ». Destination Paris Saclay donc pour les élèves savoyards, pour peut-être décrocher la première place, et propager la bonne parole scientifique made in académie de Grenoble sur la scène internationale. Tout le mal que l’on peut souhaiter à nos dignes représentants.
La chambre à brouillard pourrait alors déboucher sur une pluie d’étoiles...
Mise à jour : mai 2026



