Speed recruiting au lycée des Eaux-Claires : la filière DCG se connecte au monde professionnel

DCG, Diplôme de comptabilité générale, diplôme carrément génial. Il suffisait d’être présent lundi 26 janvier de 16H à 19h00 au quatrième speed recruiting organisé par l’équipe pédagogique du lycée des Eaux claires pour s’en convaincre.

Bien ancrée dans la vie de l’établissement grenoblois, cette initiative se veut originale, car pour une fois, ce sont les étudiants qui recrutent leur cabinet. Orchestrée de mains de maître par les enseignantes Marie-Édith Fayn et Audrey Meyer, elle offre à la petite centaine d’étudiants de la classe préparatoire DCG l’opportunité de rencontrer, sous forme d’entretiens rapides, des experts-comptables ainsi que des commissaires aux comptes venus partager leur expérience et échanger sur les perspectives du métier. Ce levier de recrutement inversé est évidemment l’occasion idéale de se projeter vers des stages, de l’alternance ou de futures collaborations professionnelles.
À plus court terme, les étudiants de DCG 2, co-organisateurs de l’évènement développent, via ce format, des compétences de gestion de projet et de communication professionnelle, tandis que l’ensemble des étudiants bénéficient d’un exercice grandeur nature pour développer des aptitudes comportementales et de communication.
What else ?

Recrutement inverse, comme un long fleuve tranquille

Pour son quatrième opus, l’organisation se déroulait sereinement, suivant un timing bien précis. Dès 16h30, chaque étudiant se voyait attribuer un badge ainsi qu’une fiche de poste élaborée par ses pairs et les professionnels candidats. Les professionnels, quant à eux, se voyaient délivrer une fiche de notation en vue de l'élection de la meilleure équipe d'étudiants recruteurs.

Madame Fayn, professeure de droit, ouvrait ensuite officiellement le quatrième speed recruiting du lycée en détaillant l’organisation :
« Vous êtes 10 équipes réparties sur 2 pôles de jury. Il y aura 5 rotations par pôle, ce qui vous laisse 12 minutes à chaque fois pour recruter vos employeurs. Chaque jury change de table au bout des 12 minutes, fiez-vous au jingle. Les DCG1 ne soyez pas timides, n'hésitez pas à questionner et interroger. ».

Monsieur Rachid, représentant départemental de l’ordre des experts-comptables Aura sud Isère, prend la suite :
« Je vous souhaite la bienvenue. Je tiens à saluer ce que vos enseignants font pour la profession. Vous avez vraiment de la chance d'être ici. Posez toutes les questions qui vous passent par la tête, bon speed recruiting ».
Les professionnels investissent leur table, jingle, décompte et c’est parti pour 12 minutes :
« Quelles études avez-vous suivi ?
-Un parcours classique : Bac Economique et social puis DECF, DESCF (Diplôme d’études supérieurs comptables et financières)
-Qu’est- ce qui vous a motivé ?
-Je voulais devenir prof puis lors d’un stage dans un cabinet, j’ai beaucoup apprécié l’expertise et j’ai bifurqué.
-Avez-vous un regret par rapport à votre parcours professionnel ? Toujours envie d'être prof ?...
»

Les questions fusent et les réponses aussi. La partie de ping pong ne fait que débuter.

« Le DCG prépare à devenir médecin généraliste de l'entreprise »

Audrey Meyer, professeure agrégée de comptabilité et d’économie contemporaine, a le sens de la formule. La co-pilote de l’évènement nous aide à mieux décrypter la filière et détaille cette soirée :
Notre volonté est de faire naître des vocations et aider nos élèves à trouver des stages ou des alternances. Ils découvrent le béaba du métier et peuvent se projeter. C’est un vrai exercice pour eux de se présenter. Le DCG offre des compétences en tout, de telle sorte que nos élèves peuvent embrasser différentes carrières. L’idée est évidemment de continuer dans l’expertise comptable mais nous avons aussi un partenariat avec GEM, il existe aussi des Masters pour les associations, certains cabinets sont spécialisés dans la politique, bref le champ des possibles est vaste et varié. »

Plutôt que l’image du médical, le représentant départemental de l’ordre des experts-comptables Aura sud Isère, Monsieur Rachid, compare l’expert-comptable « au co-pilote du chef d’entreprise ». Il souligne, à l’encontre des clichés, la modernité du métier :
« On peut tout dire du métier d’expert-comptable et de la filière comptabilité, tout, mais pas que c’est vieux jeu. Depuis la crise du Covid, notre utilité a subi un coup de projecteur avec la nécessité d’accompagner, presque au jour le jour, les entreprises dans leurs différentes démarches, depuis les demandes d’aide jusqu’aux prêts garantis par l’état, en passant par l’accompagnement au chômage. Cela implique un renouvellement constant avec une connaissance pointue des lois. La prochaine apparition de la facture électronique nous éloigne également du travail de saisie automatique et ouvre de nouvelles perspectives, notamment dans l’aide au développement et l’accompagnement client. Bref, la filière offre de belles projections, des missions riches et variées et recrute de façon active. Les jeunes ont beaucoup à gagner à nous rejoindre. »

DCG, une filière qui gagne à être connue

Le jingle résonne, trois minutes pour la rotation et on enchaîne avec un nouveau professionnel, les questions tombent de plus belle : 
« Quel profil d'alternant recrutez-vous ?
Quelles sont les missions que vous nous confierez ?
Vous cherchez des alternants DSCG ?
Le recrutement s’opère sur toute la région ?
Quelle forme prend l’alternance ? Une semaine sur deux ou trois semaines / une semaine ?
Est-il possible de faire sa première année en compta et la seconde en audit ?
Quels logiciels utilisez-vous ?
Vous embauchez, après l’alternance ?
Recrutez-vous des stagiaires DEC ?
L’IA est un outil que vous utilisez souvent ?
Peut-on vous donner des CV ?
» …

Jingle, distribution de cartes de visite et on continue…

À quelques encablures des débats, souriantes et souriants, quelques élèves de DCG2 sont sur leur 31, affairés à s’occuper de l’organisation. Ils ont déjà connu le speed recruiting l’an dernier et endossent avec plaisir leur nouveau rôle cette année. C’est le cas notamment de  Batoul, Cassandra, Émilien, Hugo, Lucy et Pierre. Les six jeunes sont issus soit de STMG soit de filière générale.

Ils sont heureux au sein de leur établissement et apprécient particulièrement cet évènement :
« L’avantage du DCG par rapport à une licence est qu’il nous ouvre plus de portes. Nous avons en effet la chance d’étudier beaucoup de disciplines et cela offre de nombreux atouts. Nous sommes très bien accompagnés par nos enseignants qui nous apprennent à travailler, avec méthode. Nous avons les bases générales pour intégrer différents masters ou encore des écoles de commerce. Au sujet du speed recruiting, il nous met un pied au sein de l’entreprise et nous aide à savoir ce que l’on veut faire, mais surtout ce que l’on ne veut pas faire. Les échanges se font sans tabou, on parle de tout, même du salaire, les professionnels nous répondent avec franchise, en total transparence, c’est appréciable ».

Le temps passe, vite. Le jingle rythme les rotations puis vient 18h00, l’heure symbolique d’élire le trio de meilleurs étudiants recruteurs.

Le palmarès est le suivant :

  • 1ère place : Luca, Alban, Lucas, Tiago, Yassin, Manon et Nihade.
  • 2nde place : Ines, Lenny, Ludivine, Mickaël, Hama, Louna, Julie et Lana
  • 3ème place : Juline, Marion, Valentin, Clémence, Arthur, Baptiste, Hélène et Oumaima

L’ensemble des participants aura bien mérité de se ravitailler à l’occasion d’un apéritif de clôture, chaleureux et festif. L’heure de poser pour la photo souvenir et débriefer entre professionnels. Des professionnels qui n’en ont pas complétement fini de l’exercice puisqu’ils auront encore à remplir un questionnaire de satisfaction en ligne afin d’élaborer un bilan de la soirée, histoire de faire encore mieux pour l’acte V du recrutement inversé.

Mêlant convivialité et professionnalisme, ce speed recruiting aura une nouvelle fois tenu toutes ses promesses. Lien essentiel entre la formation et le secteur comptable local, il a témoigné du dynamisme de la filière DCG et de ses (futurs) acteurs.
Et prouvé, s’il le fallait encore, que le DCG prépare les talents de demain.

Les interviews en +  

À l’issue de la cérémonie nous avons interrogé quelques étudiants et professionnels. Voici leur retour d’expérience :

Lorenne, Florent, Leïla et Charlotte de la société BDO

C’était Important d’être présents ici ?

Oui très important, l’idée est de pouvoir donner rapidement envie aux jeunes de rejoindre la profession car nous sommes sur des métiers assez pénuriques. Les rencontrer sous ce format assez rapide permet d’aller à l’essentiel et de leur ouvrir les portes de nos métiers très variés, c’est plus qu’intéressant.

C’étaient quels types de questions ?

Ils se posaient beaucoup de questions sur leur orientation. Par rapport aux années précédentes, il y avait un peu plus d’indécision quant à leur avenir

Vous les sentez assez matures, assez informés pour vous rejoindre ?

On voit une différence, et c’est normal entre les DCG1 et les DCG 3, même s’il y a certains DCG1 déjà très à l’aise et bien au fait de leur projet professionnel, alors qu’au contraire, certains DCG 3 sont encore dans la retenue, c’est intéressant de voir cette diversité de profil.

L’idée c’est aussi de pouvoir les recruter ultérieurement ?

Oui l’objectif c’est d’avoir des profils qui puissent continuer chez nous en alternance parce qu’ils sont l’avenir du métier, on a hâte de les accompagner et de pouvoir les aider à se développer avec la société.

Au sujet de la « notation », quel est l’élément qui vous déclenche le coup de cœur pour tel ou tel groupe ?

Quand les échanges sont assez fluides et que tout le monde participe, c’est cet investissement qui nous séduit.

Dernière question, venir ici, ce fut une corvée ?

(Rires) Au contraire c’est un réel plaisir, c’est un retour aux sources pour moi (Leïla), c’était il y a déjà quelques années. Nous n’avons pas eu la chance de connaître ce genre de projets lors de nos études, avec le recul c’est génial d’avoir des retours pour savoir quoi faire ou ne pas faire et construire son projet professionnel avec plus de sérénité. C’est enrichissant pour tout le monde.

Mickaël, DCG1 

Comment s’est passé ton premier speed recruiting ?

C’était une très bonne expérience. Cela m’a apporté des contacts, un regard interne sur les métiers de la comptabilité et de l’audit et une ouverture sur le monde extérieur. Cette proximité était très intéressante, on peut poser des questions un peu plus personnelles et avoir des réponses précises et adaptées. J’ai beaucoup apprécié. J’ai monté ma petite micro entreprise en création web design et visuels, j’ai essayé de faire le parallèle entre les conseils donnés et mon statut d’auto entrepreneur, certaines infos pourront me servir.

Et ton avenir, tu arrives à te projeter dans cette voie ?

Pour l’instant c’est encore trop tôt, on est plus dans la recherche de stages avec un projet à court terme. Le fait cependant, à travers des différents parcours et les erreurs de chacun, permet d’avoir de bons indices sur les écueils à éviter pour une vision à plus long terme.

Baptiste, Valentin et Pédro, DCG3 

Quel est le bénéfice de ce speed recruiting ?

Baptiste (à son projet professionnel en tête, il souhaite faire un DSCG puis un DEC)
Cette rencontre avec les professionnels nous offre la possibilité de nouer de nombreux contacts.

Valentin (s’oriente vers un DSCG avec peut-être une préférence pour les métiers de l’audit, souhaiterait tester une alternance dans cette voie pour devenir Commissaire aux comptes ou expert-comptable).
Cela permet de savoir comment se passe le recrutement et les compétences qui les intéressent dans nos profils, savoir ce qu’il faut faire ou ne pas faire afin de postuler à un poste d’alternant. On en sait aussi un peu plus sur les missions qui nous seront confiées et notre place au sein de l’équipe.

Pédro (encore indécis mais qui souhaite s’orienter vers l’environnement et le développement durable pour appliquer tout ce qui est gestion financière et budgétaire pour une économie plus raisonnée : « j’aimerais dépasser cette dimension uniquement financière pour prendre en compte les problèmes environnementaux et sociétaux auxquels nous serons confrontés les prochaines années »).
L’idée est déjà de se faire une première part de réseau et de voir la posture à adopter dans le travail ou lors des entretiens, cela donne une image beaucoup plus concrète des attendus de la profession.

C’est une chance d’être en DCG ici aux Eaux Claires ?

Oui (de concert).

Pédro : Quand on voit les taux de réussite à l’examen et la qualité de l’enseignement, tous nos profs sont doctorants, agrégés d’économie, de gestion etc. Ce sont même eux qui écrivent nos livres sur lesquels on étudie, donc forcément on se sent accompagnés et en quelque sorte privilégiés.

Souvent on dit que la comptabilité est une filière désuète, comment peut-on casser cette image ?

Baptiste : Je peux m’exprimer par rapport à mon dernier stage. Mon expert-comptable il ressemblait à tout, sauf à un expert-comptable.

Mise à jour : février 2026