Questions-Réponses ! Florence BORGHESE, Médecin conseiller technique
Le podcast du jour est consacré à la santé. Florence Borghese, médecin conseiller technique auprès de Monsieur le recteur, évoque la dimension médicale qui entoure les élèves et personnels de l’académie de Grenoble.
Oui, oui, tout à fait. C'est bien cela. Il y a effectivement deux services de santé bien différenciés dans notre académie, qui à la fois se complètent et s'associent.
Nous avons le service de prévention des personnels, ils peuvent être enseignants, administratifs, AESH… Dans notre académie, nous avons actuellement 6 médecins, 5 infirmiers, dont 2 en cours de recrutement, et un pôle administratif avec plusieurs secrétaires pour plus de 60 000 personnels au total. Alors nous travaillons bien sûr avec les assistantes sociales de prévention, les services RH du rectorat et des différentes DSDEN, donc les psychologues du travail, les conseillers de prévention et les équipes départementales.
L’équipe du service de médecine de prévention assure des visites individuelles à la demande des personnels ou à celle des services RH, des études de poste, des visites d'information et de prévention. Le but, c'est essentiellement d’accompagner les personnels dans leur milieu professionnel en lien avec leur situation médicale et le maintien dans l'emploi. Il y a aussi des actions collectives de prévention.
Le deuxième service est destiné aux 620 000 élèves de notre académie. Pour les accompagner, il y a 36 médecins et 371 infirmières. Et là aussi, des secrétariats répartis sur l'ensemble de l'académie.
Nous travaillons aussi avec les assistantes sociales, les psychologues du premier et du second degré pour assurer le bien-être et le suivi des élèves dans notre académie.
Oui, tout à fait. Les assises de la santé scolaire ont eu lieu le 14 mai 2025. Elles ont réaffirmé et rappelé le rôle essentiel du suivi le plus précoce possible de la santé des enfants, des élèves et ceci tout au long de leur scolarité. Une simplification des missions a été proposée : les visites médicales obligatoires, les bilans infirmiers, les examens à la demande.
Trois piliers ont été réaffirmés au moment de ces assises :
- Mieux détecter et prendre en charge
- Renforcer l'appui aux équipes éducatives, via l'expertise professionnelle des médecins et des infirmières
- Sensibiliser et prévenir.
Oui, tout à fait. Comme on l'évoquait, la santé des élèves est un enjeu essentiel et majeur pour l'avenir de notre société. La santé telle qu'on l'entend, qui est définie dans sa globalité comme un état de bien-être physique, psychique et social, est une condition essentielle de la réussite scolaire de tous les enfants. Il faut vraiment intervenir dès les premières années à l'école pour éviter tous les impacts des vulnérabilités qui pourraient interagir sur les apprentissages. L'idée est de vraiment travailler ensemble avec les différents partenaires dans notre institution. C’est pour cela qu'a été créé un pôle santé, bien-être et protection de l'enfance dans tous les départements au niveau des DSDEN, ce qui est vraiment développé sur notre académie avec des professionnels de santé, des assistantes sociales et des psychologues.
Essentiel, indispensable, bien sûr. Les familles sont associées à chaque étape sur des temps d'information, des entretiens, des liens nécessaires via, effectivement, l'accompagnement vers des soins, vers des dispositifs qu’ils soient de l'Éducation nationale ou en dehors. On ne fait rien sans les familles. C'est essentiel. Et là, on est aussi en lien avec les relais extérieurs, tous les acteurs de la santé, la PMI, le conseil départemental, les médecins libéraux spécialisés, la CPAM, la CAF, enfin les différents acteurs des institutions dans notre académie.
Oui, tout à fait. Grande cause nationale. Mettre des mots, déstigmatiser, c'est cela qui est vraiment très important.
Et on voit bien déjà les effets de ces informations-là. Les protocoles sur la santé mentale se sont déployés au niveau de l'Éducation nationale dès la rentrée de septembre 2023, donc ça va faire bientôt trois ans, avec des formations à destination des personnels, des établissements dans le premier et dans le second degré, des sensibilisations avec les numéros utiles qui sont en lien effectivement avec la santé mentale. Pour notre part, en tant que service de santé, cela implique un renforcement des liens avec notamment la pédopsychiatrie et les services de soins en lien avec les agences régionales de santé.
Alors sur le plan individuel, on peut vraiment rappeler l'importance de la bonne hygiène de vie, le rôle de l'alimentation, du sommeil ou du manque de sommeil avec les troubles du sommeil qui peuvent vraiment impacter la santé mentale, et l'activité physique, la lutte contre la sédentarité.
D'ailleurs, on travaille beaucoup actuellement sur des enquêtes, des évaluations en lien avec l'activité physique au niveau de l'école. Donc effectivement la bonne hygiène de vie, mais aussi savoir mieux se connaître, développer ce qu'on appelle les compétences psychosociales, c'est-à-dire les capacités sociales, émotionnelles. On peut évoquer par exemple l'estime de soi, l'esprit critique, savoir dire non, mieux connaître ses émotions pour éviter qu'elles prennent le pas sur des comportements. Et puis prévenir de façon collective les addictions, les comportements à risque, repérer le plus tôt possible les troubles éventuels. Et de toute façon, de manière générale, je dirais que ce qui est très important, et ça on peut le faire dès son plus jeune âge, c'est devenir acteur de sa santé, alors bien sûr avec les compétences qu'on peut développer à chaque âge, trouver des relais, et nous en tant que médecins, clairement on est témoin de la dégradation de la santé mentale des jeunes, et on voit bien, les enquêtes le démontrent, on voit une augmentation du nombre de ce qu'on appelait auparavant les phobies scolaires, mais qu'on nomme maintenant les retraits scolaires, les troubles anxieux.
Et l'actualité même quotidienne et actuelle, ne va pas vraiment dans le bon sens. Ça, c'est clair que pour les jeunes, c'est quand même impactant. Et on voit une recrudescence des comportements violents. Il y a quand même des jeunes qui vont bien. Il faut le rappeler. Mais là, il faut vraiment s'occuper des plus fragiles, et là je dirais que c'est vraiment l'affaire de tous. Parce que si on ne s'en occupe pas, les situations de mal-être vont avoir un impact sur la trajectoire de vie des jeunes, et ça va avoir un impact sur leur vie entière.
Oui, tout à fait.
Très important effectivement parce qu'elle permet à tous d'apprendre le respect de soi et des autres. C'est vraiment la base de la vie en société. Accepter les autres tels qu'ils sont, apprendre à se connaître et à respecter les autres. Et puis parce qu'elle permet aussi de sensibiliser aux situations de protection de l'enfance, ce qui est vraiment extrêmement important.
Parce qu'il me semble qu'il y a une méconnaissance de ce qui est réellement enseigné dans ce programme et j'invite vraiment toutes les personnes qui le souhaiteraient d’accéder à ces programmes qui sont sur Eduscol et qui sont libres d'accès. C’est vraiment important de pouvoir les consulter pour voir effectivement ce qu'ils contiennent.
Écoutez, là, nous allons terminer dans les établissements scolaires, les collèges de l'académie, la campagne de vaccination contre le papillomavirus et contre certaines souches des méningites à méningocoques.
Une remarque sur la vaccination, c'est un grand progrès de notre siècle dernier, à la fois à l'intérêt individuel et collectif, dans la protection de tous et surtout des personnes les plus fragilisées. On a oublié bien sûr avec le temps les séquelles motrices qui pouvaient être engendrées par le virus de la poliomyélite, qui a quand même impacté un grand nombre de personnes qui ont traversé leur vie avec des handicaps moteurs qui étaient vraiment très importants. Et aussi, par exemple, les complications neurologiques liées à des virus comme la rougeole. On pense souvent que c'est une maladie bénigne. Mais finalement, moi, en tant que médecin, j'ai souvenir dans mes premières années de pratiques professionnelles d'avoir vu des enfants qui avaient des complications neurologiques, qui étaient hospitalisés en réanimation notamment avec des séquelles très importantes liées à ces virus.
Donc la question de la vaccination, les vaccinations obligatoires, les vaccinations proposées, c’est vraiment un grand enjeu de santé publique et une réalité importante pour se protéger.
Alors, oui, vraie question. C'est vrai que ça replonge un petit peu dans le passé. Moi, j'ai beaucoup aimé l'école, alors beaucoup de bons souvenirs, les amis, les récréations, les sorties scolaires. Un résultat du bac, alors bien sûr, beaucoup d'émotions avec juste à peine la moyenne, mais ce qui m'a permis quand même de poursuivre dans une formation qui m'a vraiment plu et comme quoi, je pourrais témoigner aujourd'hui que rien n'est jamais perdu, et que tout est possible quelque part. Mais si je voulais prendre quand même un souvenir qui m'a vraiment marquée, un des meilleurs quand même, c'était que j'ai eu la chance de grandir dans une commune en Auvergne, à côté de Clermont-Ferrand, où le maire de l'époque a été candidat à la présidence de la République, et qui a été finalement élu.
Moi, j'étais élève dans une petite école élémentaire de cette commune et il était passé dans toutes les classes pour évoquer son engagement, son envie de service public. Et je crois que ça, ça m'a vraiment marquée, à titre de bon souvenir pour la suite de ma carrière professionnelle.

"Questions-Réponses", une série de podcasts de l'académie de Grenoble qui mettent en lumière les métiers des Hommes et Femmes de l'académie à travers des interviews courtes et inspirantes.
Retrouvez les dans leur intégralité !
Mise à jour : mars 2026


