Ce rassemblement était l’occasion d’une découverte des différents disciplines paralympiques et le sport adapté pour les quelques 650 élèves de l’académie de Grenoble conviés à la fête.
À noter la présence de Marina Ferrari, Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative de France, Camille Galliard-Minier, Ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Philippe Dulbecco, recteur de l’académie de Grenoble et Patrice Gros, IA-DASEN de l’Isère, au sein de la délégation officielle.
Célébrer les athlètes paralympiques à l’issue des jeux d’hiver est une première en France, sur le modèle des us et coutumes en vigueur pour les Jeux Olympiques. Le choix de Chamrousse ne doit rien au hasard, la station olympique de 1968, au cœur de l’héritage olympique, se veut résolument inclusive. C’est en tout cas l’avis de Madame Brigitte Destanne De Bernis, maire de Chamrousse, fraîchement réélue la veille au soir : « Le clin d’œil est sympa. On a commandé le soleil et la neige, c’est une journée magique, un très bel évènement pour Chamrousse. Nous sommes vraiment ravis d’accueillir le drapeau paralympique. La station consacre beaucoup d’efforts au sport adapté et on prend l’engagement, en début de mandat (sourire) de continuer à accompagner les jeunes qui veulent faire du ski, quelque soit leur handicap et leur situation physique. Oui, cette journée est un beau cadeau ».
Avec bonheur
À quelques encablures de la délégation officielle, Maé, Rosy, Élisa, Owen, Alexia, Manon et Luna, scolarisés en troisième à Saint-Marcellin, en terminent avec une séance d’initiation au hockey fauteuil, ils nous livrent leur ressenti en bord de glace : « C’était trop bien mais super difficile, le haut du corps travaille beaucoup, il faut avoir énormément d’équilibre et de la force dans les bras. On a regardé des épreuves paralympiques en classe et on a trouvé qu’ils avaient une énorme maîtrise. On est admiratifs face à ceux qu’ils font. Nous on a de la chance d’être comme on est, il faut arrêter de toujours se plaindre et s’accepter tel que nous sommes ».
Une prise de recul partagée par Juliette Gautier, professeur d’EPS de cette joyeuse troupe, qui complète le propos : « À côté de mon travail, je suis entraîneuse d’athlètes de haut niveau en sport adapté ski au pôle d’excellence régionale de formation. C’est évidemment un sujet auquel je suis sensibilisée et c’est hyper important pour moi que les élèves fassent la connaissance de toutes ces disciplines. On s’est préparés en amont en regardant les jeux paralympiques. On s’est aussi familiarisés avec le handicap et la différence entre le handisport et le sport adapté. Nous avons aussi participé à un cycle ski alpin avec ces élèves. Ils sont très réceptifs et font preuve de maturité. Ils sont vraiment hyper heureux d’être là ». Un bonheur contagieux, à l’image de jeunes déficients auditifs qui s’initient en contrebas au para biathlon et découvrent avec beaucoup d’enthousiasme le tir à la carabine laser.
Par bonheur
Bonheur, c’est aussi le maître mot qui revient dans les propos de Séverine Faye, enseignante à l’école de la Houille blanche à Grenoble, présente en compagnie de trois classes : « Les élèves étaient répartis en 5 groupes et n’ont pas tous fait les mêmes ateliers. Nous allons pouvoir nous appuyer là-dessus, partager nos expériences et beaucoup échanger en classe dans les jours qui arrivent. Les élèves, les collègues ainsi que les parents accompagnateurs ont énormément apprécié cette journée. On a eu un gros engouement autour de cet évènement et malheureusement, certaines classes n’ont pu monter. Dommage car ce fut une belle réussite, tout le monde était ravi. Certains de nos élèves n’avaient jamais vu la neige en montagne, alors venir ici avec cette belle poudreuse sous ce beau soleil, avec un accès libre aux télécabines c’était juste parfait, ils se sont régalés ».
L’enseignante, très impliquée dans l’inclusion, revient sur sa démarche : « On sensibilise régulièrement au sujet du handicap. J’ai des élèves concernés dans ma classe et un fils porteur de handicap, alors c’est un sujet que l’on évoque très souvent. Handisport ou sport adapté, c’est une thématique qui nous rassemble. C’est important pour eux de découvrir la montagne et le handicap, ça leur permet de relativiser sur beaucoup de choses, on travaille beaucoup sur le statut de l’erreur en classe, les difficultés, le « chacun son rythme », et voir des jeunes qui ont des difficultés, qui réussissent, qui réalisent des rêves et qui sont sportifs de haut niveau, c’est inspirant. Et en plus de les rencontrer ça leur a mis des étoiles dans les yeux ».
Porter bonheur
Outre le para hockey et le para biathlon, déjà cités précédemment, l’ensemble des 650 élèves a également pu participer à 13 ateliers de découverte et initiation à la culture paralympique tels que le handiski, tandem ski, dualski on encore la luge. La rencontre avec des athlètes était également au programme, ainsi que la découverte des métiers de la montagne, avec pisteurs et secouristes du PGHM ou encore des ateliers pour comprendre les coulisses du fonctionnement d’une station de ski comme les remontées mécaniques, la production de neige et le damage. Monter dans la dameuse aura été un moment particulièrement apprécié par les élèves.
La soirée était consacrée à la célébration des athlètes en compagnie du public, et suivie d’une descente au flambeau et de l’arrivée du drapeau des JO paralympiques par une tyrolienne. Un drapeau remis à Monsieur Pannekoucke, président de la région AURA, hôte des JOP d’hiver 2030 au sein des Alpes françaises.
Arthur Bauchet, Benjamin Daviet. Aurélie Richard, Karl Tabouret, Cécile Hernandez, Maxime Montaggioni, pour ne citer que les plus connus, tous auront répondu avec enthousiasme à ces moments de communion partagée. Show laser, vidéos surprises et karaoké géant prolongeaient les festivités pour des temps riches en émotions.
Du bonheur en veux-tu en voilà à Chamrousse… les élèves de l’académie de Grenoble auront réussi leur rendez-vous avec ces champions paralympiques et du quotidien. Une célébration tellement méritée…
L’interview en +
Benoit Chanal est référent paralympique territorial sur la région Auvergne-Rhônes-Alpes et chef de projet pour le comité paralympique. Il nous a gentiment accordé un peu de son temps précieux avant l’arrivée des athlètes.
Une journée placée sous le signe de festivités en y associant la jeunesse, c’est l’idée de cette journée ?
C’est exactement ça. Notre volonté était de pouvoir organiser ce temps de célébration des athlètes de retour de Milan avec le public français. C’est la première fois qu’une telle cérémonie est organisée pour des athlètes paralympiques des jeux d’hiver et nous sommes ravis de cela. C’est un très bel évènement. L’enjeu pour nous, notamment en vue de 2030, est de pouvoir sensibiliser et faire connaître les pratiques parasportives d’hiver, d’où l’organisation de cette journée à destination des scolaires et des établissements médico-sociaux. Nous avons accueilli 650 enfants sur toute la journée avec une multitude de stands sportifs. Ensuite, en lien avec les équipes de Chamrousse, des activités pédagogiques étaient proposées autour des découvertes de la montagne et des métiers qui s’y rattachent comme pisteur secouriste, avec un bel un atelier de sensibilisation aux risques avalanches notamment. On a vraiment essayé de construire un programme entre la montagne et le para sport.
Des objectifs qui semblent atteints quant on voit les mines radieuses des enfants ?
Oui, les retours sont hyper positifs. Nous souhaitions également construire des programmes personnalisés pour chaque établissement pour le bon déroulement et la bonne gestion de flux entre les différents groupes. Tout s’est très bien passé. Les animations portées par les comités départementaux handisport, du sport adapté et de la Ligue Auvergne Rhône-Alpes de hockey sur glace ont été très appréciées. Les acteurs de Chamrousse ont également proposé un super accueil, nous sommes tous très contents.
Désormais on attend les athlètes ?
On a hâte qu’ils arrivent, et on espère que le public va répondre présent, ils le méritent.
Humainement, quels bénéfices retireront les élèves de cette journée ?
Je pense que la pratique du sport et du para sport permet de faire évoluer le regard sur le handicap. Chaque sport demande des adaptations, le handicap en est la forme ultime. La pratique parasportive est un très bon vecteur d’inclusion, les élèves mesurent ainsi le degré de performances de ces athlètes. Pour les scolaires c’est vraiment une belle expérience en termes de sensibilisation. Au final que l’on soit valide ou pas, tout le monde se dépasse dans l’effort, c’est là toute la beauté du sport.
L’info en + : Bonheur éternel
Lors des jeux paralympiques de Milan-Cortina, six supporters issus de l'Annexe pédagogique Soins-Etudes à La Tronche ont franchi les Alpes pour vivre cet évènement en plus grand. Voici leur récit conté par David-Michel Fayen, Proviseur adjoint - Directeur des Etudes de l’institut Isérois.
« À l’occasion des Jeux Paralympiques de Milano Cortina 20206, un groupe de six patients-élèves de l’Annexe pédagogique Soins-Études accompagnés de deux infirmières de la clinique FSEF Grenoble-La Tronche, de leur enseignant d’EPS et de leur enseignante d’italien a séjourné du 6 au 12 mars dans les principaux lieux des compétitions.
Le programme liant épreuves sportives et visites culturelles a permis aux jeunes de vivre leur première expérience olympique ainsi que de découvrir l’Italie. La première étape à Vérone a été l’occasion d’assister à la cérémonie d’ouverte des jeux : un spectacle poétique et émouvant. Les jeunes ont ensuite visité les lieux emblématiques de la ville, notamment la maison de Juliette.
La seconde étape les a emmenés dans les Dolomites, dans les stations de Tesero et de Cortina d’Ampezzo pour assister aux épreuves de para biathlon, de para ski de fond et de para ski.
À travers les épreuves observées, ils ont pu prendre pleinement conscience des capacités des athlètes en situation de handicap et prendre la mesure des valeurs d’inclusion, de dépassement de soi et de solidarité, portées par l’olympisme.
L’étape en montagne fut l’occasion pour tous d’observer le soleil et les planètes au planétarium de Tesero puis de fabriquer la spécialité gastronomique de la région : le strudel trentin. Sans oublier de le déguster ! La dernière étape dans la capitale de la mode, Milan, a commencé par un match de para-hockey. Elle s’est poursuivie par la visite du Duomo et de la Scala puis de la découverte de la Galleria Vittorio Emanuele et de la via Montenapoleone. Un programme varié, riche et intense, que tous les participants ont plébiscité.
Les patients-élèves ont fait preuve d’autonomie dans la gestion du quotidien, tout en s’impliquant avec enthousiasme dans l’ensemble des activités proposées. Leur curiosité et leur capacité d’adaptation ont permis de créer une dynamique de groupe particulièrement positive. Les échanges, les découvertes culturelles et les moments partagés ont renforcé la cohésion et laissé place à des souvenirs durables pour chacun. Une expérience humaine et fédératrice, donnant pleinement sens au « soin-étude ».
Mise à jour : avril 2026











